Choisir d’enseigner, c’est rarement le fruit du hasard. Pour certains, c’est une évidence innée. Pour d’autres, c’est une rencontre ou un déclic de terrain qui révèle une vocation de prof. C’est le parcours de Christopher, diplômé du Master en Enseignement Section 2 à l’EPHEC.
Aujourd’hui instituteur au sein de l’enseignement spécialisé à Trazegnies, il bâtit chaque jour des victoires du quotidien dans un métier qu’il décrit avec ferveur comme « un des plus beaux métiers du monde ».
Un parcours atypique avant l’enseignement
Avant d'enfiler sa posture d'instituteur primaire, Christopher s'épanouissait dans un univers artistique : celui des planches. « J’ai d’abord été comédien et professeur de théâtre », confie-t-il.
C’est finalement lors d’une animation auprès d’enfants de primaire qu'il vit un véritable coup de foudre professionnel : « Je suis tombé dans le bain du primaire et je me suis dit : il y a un truc fort à faire ici. » Accompagner, guider et faire grandir les élèves s'impose comme une évidence.
Des journées où rien ne se passe comme prévu
Christopher insiste sur un aspect fondamental de sa réalité en classe : la capacité d’adaptation. « On planifie tout avec rigueur… mais ça ne se passe jamais comme prévu », s'amuse-t-il.
Préparer ses séquences didactiques, ajuster ses outils de gestion, faire face aux imprévus : le rôle d'enseignant s'étend bien après la dernière sonnerie. « Quand je rentre, j’ai mes corrections, mes préparations, ma remise en question permanente. C’est du boulot quotidien. » Un constat qui balaie les clichés du métier passif.
Enseigner dans le spécialisé : bâtir un cadre sécurisant
Aujourd’hui, Christopher exerce au sein de l’enseignement spécialisé avec des élèves de types 1 et 3, accueillant des enfants présentant des troubles de l’apprentissage ou des difficultés comportementales spécifiques.
Il définit ses fonctions avec une grande justesse : « Ce sont des enfants pour qui on crée un cocon sécurisant afin qu’ils puissent, à leur rythme, accéder de nouveau aux apprentissages fondamentaux. »
Dans ce contexte, la pédagogie dépasse la pure transmission : avant d’apprendre, l’enfant doit se sentir bien, compris et en totale sécurité.
La plus belle des récompenses : le regard qui comprend
Ce qui anime l'instituteur, ce sont les défis concrets qui permettent de mobiliser les savoirs mathématiques ou linguistiques dans des situations vécues :
« Le meilleur moment, c’est quand tu vois l’étincelle dans le regard de l’élève qui vient de comprendre. »
« Je leur ai demandé de calculer les pots de peinture pour repeindre une chambre. Seuls, ils ont mobilisé leurs acquis et ont réussi. »
Ces micro-réussites donnent tout son sens à son engagement au quotidien face aux élèves.
Une formation tournée vers la différenciation et la réalité
De son parcours de bachelier puis de Master à l’EPHEC, Christopher retient en priorité la force des cours axés sur la différenciation pédagogique. « On y apprend concrètement à s’adapter à chaque élève de manière individualisée, tout en maintenant une saine dynamique de groupe. » Un outil pivot pour sa carrière dans le spécialisé.
« Mon tout premier stage en école primaire a été une révélation. J’y allais avec un stress immense, en doutant de ma place avec les plus jeunes... Et finalement, c’est là que j'ai compris que j'étais exactement là où je devais être. »
Pour lui, l’enseignement est un métier d'échange, profondément humain, où l’on apprend autant de ses élèves qu’on leur transmet. S’il devait résumer ses journées en un mot ? La Passion.
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