Choisir de devenir enseignante en arts plastiques, c’est entrer dans un métier créatif où aucune journée ne se ressemble vraiment. Aly et Iliana, deux anciennes étudiantes aujourd’hui en secondaire, en font l’expérience au quotidien. Entre préparation de projets originaux, gestion du matériel et moments de pure complicité avec leurs élèves, elles construisent pas à pas leur manière d’enseigner, loin des idées reçues.
À travers leurs témoignages croisés, elles nous racontent un quotidien concret, dynamique et profondément ancré dans la relation humaine avec les classes.
Aly : Allier terrain et Sciences de l'Éducation
Aly enseigne l'art dans le secondaire général tout en poursuivant de front un master universitaire. Une manière pour elle de continuer à décrypter, analyser et améliorer sa posture pédagogique.
« Je suis enseignante en arts plastiques en secondaire… et je suis aussi en master en sciences de l’éducation. »
Pour elle, il n'y a pas de semaine type. Elle prépare tout en avance, fait ses "valises" de matériel pour chaque école et réadapte chaque cours le soir en rentrant.
Iliana : L'art appliqué à l'univers de la coiffure
De son côté, Iliana a suivi un chemin guidé par une évidence d'enfance : joindre l’utile à sa passion absolue pour la création artistique.
Elle vient de décrocher un poste spécifique au sein d'une école de coiffure, un public technique très éloigné du secondaire traditionnel : « Je dois adapter complètement mes cours. C’est super intéressant parce que l’art peut s’appliquer à absolument tout. »
“On pense que je fais du bricolage… alors que pas du tout”
C’est probablement le cliché le plus tenace qui les fait le plus réagir au quotidien. Quand on évoque les cours d’arts plastiques à l'école, beaucoup s'imaginent encore des élèves qui découpent et collent sans réel but didactique.
« Tout le monde pense que je fais du bricolage… alors qu’en réalité, derrière chaque cours, il y a un énorme travail de préparation. Rien n'est improvisé. »
Iliana rappelle qu'avant d'arriver devant le tableau, elle doit concevoir la leçon, sélectionner les références en histoire de l'art, anticiper les difficultés et tester elle-même la réalisation : « On doit faire le projet complet nous-mêmes pour anticiper leurs questions et leurs blocages. »
L’art à l'école : un moyen de faire passer autre chose
Pour nos deux alumni, enseigner la création plastique ne se limite pas à apprendre des techniques de dessin ou de sculpture. L'art est avant tout un outil d'accompagnement humain :
Mettre des mots sur les émotions
« Les arts plastiques, ça permet de mettre des émotions sur la table. On peut aller chercher des choses chez les adolescents qu’on ne voit pas dans les autres cours théoriques. »
Recréer une place solide
« Il y a des élèves décrocheurs qui ne savent plus trop ce qu’on attend d’eux. L’art permet de recréer un lien fort, de leur redonner une place et de s'épanouir en classe. »
L’art devient ainsi une échappatoire bienvenue pour les jeunes, une façon concrète de se sentir valorisés et de reprendre confiance en eux.
“Les élèves, c’est tout. Mille fois les élèves”
Quand on leur demande leur plus grande source de motivation le matin, la réponse d'Aly fusible immédiatement. Loin d'être une formule toute faite, elle parle des micro-évolutions qui donnent tout son sens à sa posture de prof.
Iliana sourit en repensant à des situations qu'elle vit régulièrement : « L’élève qui arrive en début d'année en disant “j’aime pas l’art, je ne sais pas dessiner”… et qui, à la fin de l'heure, vient te montrer son travail tout fier. »
Pour Aly, ce sont ces petits déclics quotidiens qui portent son engagement : « Un élève qui comprend un concept, qui s’investit à fond, qui change de regard sur une œuvre... Tous les jours, il y a un moment de fierté. »
Une formation qui apprend à oser et à se tromper
Toutes les deux s'accordent sur un point clé de leur formation à l’EPHEC : l’importance d'un encadrement bienveillant qui valorise le droit à l'erreur. « On nous a dit dès le début : tu vas te planter en stage, et c’est tout à fait normal. On sera là pour t’aider à analyser et à rebondir », se souvient Aly.
Leur conseil aux futurs étudiants qui hésitent encore à s'inscrire ? Ne pas attendre d'être parfait pour se lancer. Iliana conclut avec beaucoup de justesse : « Même si on est timide, même si on a des difficultés au départ… tout cela s’apprend sur le terrain. L'important, c'est d'oser. »
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