Le projet “Accrochage et Engagement”, piloté par Robin De Gernier et Jean-Philippe Cordier, enseignants à l'EPHEC Tech, a pour ambition de mieux comprendre le vécu des primo-inscrits et d’identifier ce qui favorise leur engagement… ou au contraire peut mener au décrochage. Comme le rappelle Robin De Gernier : “L’idée n’est pas de se concentrer sur l’échec ou le décrochage, mais de chercher ce qui permet aux étudiants de s’accrocher et de s’impliquer pleinement dans leurs études.”

Comprendre les besoins des étudiants

La première phase du projet a été consacrée à l’analyse : revue de la littérature scientifique, création d’outils de récolte de données, sondage annuel et entretiens qualitatifs. “Nous voulons connaître les profils, attentes et motivations des étudiants, mais aussi leurs frustrations et défis au quotidien, pour identifier des recommandations concrètes et adaptées à chaque contexte”, précisent les deux pilotes.

Ces travaux ont abouti à 13 recommandations pédagogiques, institutionnelles et communicationnelles, mises en œuvre depuis 2023-2024. Elles portent notamment sur :

  • les relations au sein de la communauté d’apprentissage,

  • des pratiques pédagogiques engageantes,

  • le sens et la perception des études,

  • l’organisation des horaires,

  • la détection et l’accompagnement des étudiants à risque de décrochage.

Développer des outils concrets

Depuis deux ans, le projet est entré dans une phase d’innovation axée sur le développement d’outils numériques destinés à renforcer l’engagement. Grâce aux bases de données internes, il est possible de croiser présences en classe et en laboratoire, activité Moodle et résultats académiques, toujours dans le respect du RGPD.

“Certains indicateurs, comme l’activité sur Moodle ou la date d’inscription, se révèlent corrélés à la réussite. Mais l’engagement reste multifactoriel : il n’existe pas de formule unique applicable à tous les étudiants”, soulignent-ils.

Les causes principales du désengagement

L’analyse révèle trois sources majeures de difficultés :

  • des obstacles à la concentration, en présentiel comme en distanciel,

  • le stress, notamment lié aux évaluations,

  • des problèmes d’organisation du temps et des horaires.

Les conditions de vie ont également un impact, en particulier lorsque le job étudiant devient une nécessité économique plutôt qu’une opportunité d’expérience.

Ce qui fonctionne vraiment

Les pratiques pédagogiques qui favorisent l’engagement reflètent l’ADN de l’EPHEC : proximité avec les enseignants, pédagogie pratique et professionnalisante, stabilité des équipes et interactions informelles pour intégrer les étudiants à la communauté.

"Les étudiants remarquent surtout la disponibilité des professeurs et leur passion pour la matière. Cela a un effet direct sur leur concentration et leur motivation", expliquent-ils.

Les prochaines étapes

L’équipe travaille actuellement sur un tableau de bord étudiant, qui permettra aux étudiants de suivre leur niveau d’engagement, de détecter un éventuel risque de décrochage et d’accéder à des conseils ou ressources adaptés.

“Ce prototype, que nous testerons dès 2025-2026 dans le secteur Tech, pourrait devenir un outil majeur pour sensibiliser et responsabiliser les étudiants, et représenter une vraie plus-value pour l’EPHEC”, conclut Robin De Gernier.

À terme, l’objectif est d’étendre cet outil à l’ensemble des secteurs de la Haute École, en lien avec toutes les équipes pédagogiques et les services de soutien aux étudiants.